AAC Colloque | Émotions et politique dans les Amériques
Date limite de soumission : 30 juin 2026.
Cet appel à communications est diffusé dans le cadre du colloque organisé par le pôle Ouest de l’Institut des Amériques. Ce colloque se déroulera les 26 et 27 novembre 2026 à Nantes.
L’analyse du politique a longtemps été dominée par une conception rationaliste de l’action et du jugement politiques, héritée aussi bien de la philosophie libérale que des modèles de choix rationnel développés en science politique. Dans cette perspective, les émotions étaient perçues comme des perturbations, des biais ou des résidus irrationnels qu’il convenait d’écarter afin de comprendre les comportements politiques.
Or, depuis le tournant des années 1990–2000, un ensemble de travaux interdisciplinaires a profondément remis en cause cette opposition entre raison et émotion. Les travaux de George E. Marcus, notamment, ont souligné que les émotions ne s’opposent pas à la rationalité mais orientent les modes de traitement de l’information politique (Marcus, 2002). L’anxiété, par exemple, incite les individus à rechercher de nouvelles informations et à reconsidérer leurs préférences, tandis que l’enthousiasme tend à renforcer les loyautés partisanes existantes.
Les travaux d’historiens et de sociologues des émotions ont par ailleurs mis en évidence la dimension fondamentalement sociale et historique des émotions. William Reddy, dans The Navigation of Feeling, a montré que les émotions sont encadrées par des normes et des discours qui définissent ce qu’il est possible de ressentir et d’exprimer à un moment donné (Reddy 2001). De même, Barbara Rosenwein, avec le concept de « communautés émotionnelles », a mis en évidence la coexistence de systèmes émotionnels pluriels au sein d’une même société (Rosenwein 2006). Ces analyses ont permis de comprendre pourquoi certains contextes politiques (campagnes électorales polarisées, menaces sécuritaires, crises économiques) produisent des comportements collectifs spécifiques.
Ce colloque part d’une hypothèse de travail simple : le continent américain, dont l’histoire est jalonnée par des expériences de colonisation, d’esclavage, de révolutions, de violence d’État et de mobilisations populaires, constitue un terrain particulièrement fécond pour analyser la manière dont se forment ces « régimes (ou communautés) émotionnels » et la façon dont les émotions structurent les rapports au pouvoir. […]
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REGARDS CNRS (24 de junio de 2026). AAC Colloque | Émotions et politique dans les Amériques. Redial & Ceisal. Recuperado 15 de septiembre de 2026 de https://doi.org/10.58079/16gbu






